Les pratiques numériques des individus et des entreprises connaissent depuis plusieurs années une transformation structurelle profonde. Ce mouvement ne se résume pas à l’adoption de nouveaux outils : il redessine les rapports au travail, à l’information, au commerce et à la communication. Le Baromètre du numérique, publié chaque année par l’Arcep et l’Arcom, documente ces mutations avec précision. Le rapport mondial Digital 2025, produit par We Are Social et Meltwater, offre une lecture complémentaire à l’échelle globale. Ces deux sources convergent vers un constat partagé : la digitalisation s’accélère, s’élargit à de nouveaux publics et génère des enjeux inédits autour de la cybersécurité, de la souveraineté des données et de la transition vers l’intelligence artificielle. Les petites et moyennes entreprises françaises, longtemps en retrait, rattrapent progressivement leur retard. Les usagers individuels, eux, multiplient les plateformes et intensifient leurs interactions en ligne, tout en passant paradoxalement moins de temps sur chaque réseau social. Cette évolution numérique soulève des questions concrètes sur l’inclusion, la régulation et la durabilité des infrastructures technologiques.
- L’équipement numérique des Français et des entreprises en 2024-2025
- Comment les TPE PME françaises intègrent concrètement le numérique dans leur fonctionnement
- La présence en ligne des entreprises : visibilité, réseaux sociaux et e-commerce
- Les usages mondiaux d’Internet : connexion, réseaux sociaux et comportements connectés
- L’intelligence artificielle dans les pratiques professionnelles des TPE PME
- Cybersécurité : les pratiques de protection des TPE PME face aux risques numériques
- Le numérique responsable : recycler, reconditionner, éco-concevoir
- Les investissements numériques des entreprises et les projets pour les prochaines années
- 79 % des dirigeants de TPE PME estiment que le numérique représente un bénéfice réel pour leur activité.
- 5,56 milliards de personnes utilisent Internet dans le monde début 2025, soit un taux de pénétration de 67,9 %.
- L’intelligence artificielle générative s’impose dans les entreprises : 13 % des TPE PME déclarent y avoir recours.
- Les pratiques responsables progressent : 64 % des TPE PME ont déployé au moins une mesure de numérique responsable.
L’équipement numérique des Français et des entreprises en 2024-2025
Les Français sont massivement équipés en appareils numériques. Ordinateurs, smartphones, tablettes et objets connectés occupent une place centrale dans les foyers comme dans les structures professionnelles. Selon les données du Baromètre du numérique édition 2025, 55 % des personnes de 12 ans et plus utilisent quotidiennement un ordinateur, une proportion qui, bien qu’en légère baisse depuis trois ans, demeure supérieure au niveau observé avant la crise sanitaire de 2020.
Du côté des entreprises, la connectivité progresse à un rythme soutenu. Le Baromètre France Num 2024, réalisé par le Crédoc pour la Direction générale des Entreprises, révèle que 97 % des TPE PME disposent d’une connexion fixe à Internet, dont 73 % via la fibre optique. Cette infrastructure solide constitue le socle sur lequel repose l’ensemble de la transformation numérique des petites structures.
L’adoption de la fibre s’accompagne d’une satisfaction générale : 81 % des TPE PME se déclarent satisfaites ou très satisfaites du débit de leur connexion. Ce chiffre contraste avec les années précédentes, où les contraintes liées à la qualité du réseau freinaient régulièrement les projets de développement numérique. La couverture progressive du territoire en très haut débit change concrètement les pratiques opérationnelles des entreprises, notamment dans les secteurs de la santé, du BTP et des services à la personne, historiquement moins bien connectés.

Des disparités persistantes selon la taille et le secteur
L’équipement ne garantit pas l’usage. Les données du Baromètre France Num montrent des écarts significatifs selon la taille des entreprises. Si 85 % des PME de 10 à 249 salariés perçoivent le numérique comme un levier de compétitivité, ce taux descend légèrement pour les très petites entreprises, notamment celles de zéro salarié. Cette hétérogénéité explique en partie pourquoi les politiques publiques d’accompagnement, comme le réseau des Activateurs France Num — plus de 3 500 experts déployés sur le territoire — ciblent en priorité ces structures.
Par secteur, les contrastes sont tout aussi marqués. Le numérique et les services spécialisés affichent les taux d’équipement et d’usage les plus élevés, tandis que l’agriculture et l’industrie agroalimentaire restent en retrait. Ces différences ne tiennent pas uniquement à la culture ou à la volonté des dirigeants : elles reflètent aussi des contraintes métiers spécifiques, des cycles d’investissement longs et, parfois, une offre de services numériques encore peu adaptée aux réalités de terrain.
Comment les TPE PME françaises intègrent concrètement le numérique dans leur fonctionnement
La transformation numérique des petites et moyennes entreprises françaises ne passe pas uniquement par l’acquisition d’outils. Elle implique une réorganisation des processus, une redistribution des compétences et une révision des modèles de relation client. Le Baromètre France Num 2024 documente cette évolution à travers une enquête menée auprès de plus de 10 000 entreprises, dont 6 425 TPE.
77 % des dirigeants considèrent que le numérique facilite la communication avec leurs clients, contre 74 % l’année précédente. Cette progression, bien que modeste en valeur absolue, traduit une intégration croissante des outils de messagerie, de visioconférence et de gestion de la relation client dans les pratiques quotidiennes. Une artisane bretonne gérant seule son atelier de céramique peut désormais gérer ses commandes via une boutique en ligne, communiquer avec ses clients par messagerie instantanée et externaliser sa comptabilité vers un logiciel en mode SaaS — le tout sans mobiliser de ressources humaines dédiées.
L’externalisation numérique représente d’ailleurs un levier majeur : 82 % des entreprises déclarent que le numérique facilite l’externalisation de fonctions comme la comptabilité, la paie ou la communication. Cette tendance illustre une forme de mutualisation des compétences permise par les plateformes en ligne, particulièrement avantageuse pour les structures qui ne peuvent pas se permettre d’employer des spécialistes à temps plein.
des TPE & PME françaises
Les modes d’acquisition et d’hébergement des solutions numériques
La question du mode d’acquisition des logiciels révèle une fracture entre les approches traditionnelles et les modèles contemporains. 35 % des TPE PME privilégient l’achat de licences logicielles, tandis que 33 % optent pour un abonnement SaaS (Software as a Service), soit un service hébergé dans le cloud et accessible via Internet sans installation locale. Ces deux modèles coexistent avec le recours à des solutions gratuites, utilisées par 13 % des entreprises.
L’hébergement des données se répartit désormais de manière quasi-équilibrée entre les serveurs internes (39 %) et les serveurs distants en cloud (39 %), avec 22 % des entreprises déclarant une approche hybride. Ce partage reflète une évolution des pratiques : il y a encore cinq ans, l’hébergement local dominait largement. Le recours au cloud apporte de la flexibilité, une mise à jour automatique des logiciels et une accessibilité depuis n’importe quel terminal — des avantages déterminants pour les équipes mobiles ou travaillant à distance.
Les outils numériques dédiés à l’organisation occupent une place croissante dans ces écosystèmes. Plateformes collaboratives, gestionnaires de projets, outils de signature électronique : leur adoption progresse régulièrement, notamment dans les secteurs des services et du conseil où la gestion documentaire est centrale.
La présence en ligne des entreprises : visibilité, réseaux sociaux et e-commerce
Être visible sur Internet est devenu un prérequis pour la majorité des activités économiques. Le Baromètre France Num 2024 indique que 85 % des TPE PME disposent d’au moins une solution de visibilité en ligne. Ce chiffre stable d’une année sur l’autre masque des transformations internes notables dans la manière dont cette présence est construite et entretenue.
Les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans cette stratégie de visibilité. 65 % des entreprises possèdent au moins un compte sur un réseau social, soit une progression de 4 points par rapport à l’édition précédente. Plus d’un tiers (36 %) les utilisent au moins une fois par semaine, ce qui témoigne d’une logique d’animation régulière plutôt que d’une simple présence passive. En parallèle, 60 % des TPE PME se référencent via des annuaires en ligne gratuits, une pratique simple mais efficace pour renforcer le référencement local.
Le site internet reste le socle de la présence digitale, utilisé par 65 % des entreprises, bien que ce taux marque un léger recul de 2 points. Cette tendance s’explique partiellement par la montée en puissance des pages de réseaux sociaux comme substitut aux sites institutionnels, en particulier pour les très petites structures dont le besoin de présentation est limité.

La vente en ligne : des usages différenciés selon les secteurs
Le commerce en ligne représente un terrain de jeu inégal entre les secteurs. 26 % des TPE PME disposent d’une solution de vente en ligne, avec des écarts considérables selon l’activité. L’hébergement-restauration arrive en tête avec 49 % d’entreprises vendant en ligne, suivi du commerce (43 %) et de l’industrie agroalimentaire (36 %). À l’inverse, les transports, les services à la personne et le BTP affichent des taux inférieurs à 15 %, reflet de contraintes sectorielles où la dématérialisation de l’acte d’achat reste complexe.
Un indicateur mérite une attention particulière : 37 % des TPE PME proposent soit la vente en ligne, soit le paiement en ligne. Cela signifie qu’un nombre non négligeable d’entreprises proposent le règlement dématérialisé sans pour autant disposer d’une boutique en ligne complète — une solution intermédiaire adaptée aux services de proximité ou aux prestations sur devis. Cette distinction entre vente et paiement en ligne illustre la diversité des modèles économiques qui se déploient dans l’espace numérique.
La proportion d’entreprises obtenant au moins 5 % de leurs clients en ligne atteint désormais 56 %, soit une hausse de 13 points en deux ans. Cette progression significative traduit une modification profonde des comportements d’achat, accélérée par les usages instaurés pendant la crise sanitaire et désormais ancrés dans les pratiques des consommateurs.
Les usages mondiaux d’Internet : connexion, réseaux sociaux et comportements connectés
À l’échelle mondiale, les données publiées dans le rapport Digital 2025 de We Are Social et Meltwater permettent de situer la transformation française dans un contexte global. 5,56 milliards de personnes utilisent Internet sur la planète, soit un taux de pénétration de 67,9 %. Cette progression continue masque encore une fracture réelle : 2,63 milliards de personnes restent non connectées, majoritairement localisées en Afrique subsaharienne et dans certaines régions d’Asie du Sud.
Les pratiques en ligne se concentrent massivement sur les appareils mobiles. 5,78 milliards de personnes utilisent un téléphone mobile, les smartphones représentant environ 87 % des terminaux en circulation. Cette mobilité digitale transforme la nature même des usages : consultation rapide, navigation fragmentée, consommation vidéo verticale, paiements sans contact. Le mobile n’est plus un simple outil d’accès, il est devenu le premier écran pour une majorité d’utilisateurs dans le monde.
Les réseaux sociaux rassemblent 5,24 milliards d’identités d’utilisateurs actifs, soit 63,9 % de la population mondiale, avec une croissance annuelle de 4,1 %. Le paysage des plateformes évolue : YouTube domine en termes de base d’utilisateurs actifs, devant WhatsApp et Facebook. TikTok, de son côté, se distingue par le temps d’usage mensuel, avec près de 35 heures passées sur l’application en novembre 2024, selon les données Android disponibles. Pour en savoir plus sur les tendances mondiales, l’analyse complète du Digital 2025 offre une perspective détaillée par plateforme et par région.
Les motivations d’usage des médias sociaux
Pourquoi les internautes se connectent-ils aux réseaux sociaux ? Les données de GWI, citées dans le rapport Digital 2025, révèlent que la principale motivation reste le maintien du lien social : près de 51 % des utilisateurs déclarent se connecter pour rester en contact avec leur famille et leurs amis. La consultation d’actualités arrive en troisième position, ce qui illustre le rôle croissant des plateformes sociales comme canal d’information.
Cette polyvalence des usages complexifie la lecture des comportements connectés. Un même utilisateur peut consulter LinkedIn pour des raisons professionnelles, Instagram pour le divertissement et WhatsApp pour la coordination familiale. La moyenne mondiale de 6,83 plateformes utilisées par mois confirme cette fragmentation, chaque réseau remplissant une fonction distincte dans l’écosystème personnel de l’utilisateur. Cette tendance à la diversification des pratiques est au coeur des dynamiques actuelles d’innovation numérique.
L’intelligence artificielle dans les pratiques professionnelles des TPE PME
L’intelligence artificielle n’est plus réservée aux grandes entreprises technologiques. Le Baromètre France Num 2024 documente pour la deuxième année consécutive son adoption par les petites structures, avec une méthodologie enrichie permettant de distinguer les types d’usages. 13 % des TPE PME déclarent avoir recours à des solutions d’IA, un chiffre en progression notable par rapport à la mesure précédente, même si les modalités de question différentes entre les deux éditions invitent à la prudence dans la comparaison.
L’IA générative — qui produit du texte, des images, du code ou des contenus audio à partir d’instructions en langage naturel — représente l’usage dominant avec 10 % des entreprises concernées. Les chatbots et assistants conversationnels sont utilisés par 5 % des structures. Les applications d’automatisation de tâches répétitives, d’analyse documentaire ou de contrôle qualité restent plus marginales, chacune mobilisant environ 3 % des répondants.
Ces chiffres varient fortement selon le secteur. Les entreprises du numérique affichent un taux d’adoption de 40 %, ce qui reflète à la fois une culture technique plus développée et des besoins métiers directement adressables par l’IA. À l’opposé, l’agriculture (4 %) et l’industrie agroalimentaire (6 %) accusent un retard significatif, freiné par des équipements moins connectés et des processus encore largement manuels.
Vers une intégration progressive et différenciée
L’adoption de l’IA dans les petites structures suit une logique d’expérimentation progressive. Une agence de communication régionale, par exemple, peut commencer par utiliser un outil génératif pour produire des premiers jets de contenu, avant d’étendre progressivement son usage à la génération d’images ou à la rédaction de réponses automatiques aux demandes clients. Cette montée en compétence par paliers est caractéristique des structures où les ressources humaines dédiées au numérique sont limitées.
Les outils numériques orientés productivité intègrent de plus en plus des fonctionnalités IA nativement. Les logiciels de traitement de texte, les suites bureautiques ou les outils de gestion de projet proposent désormais des assistants intelligents intégrés, ce qui facilite l’adoption sans nécessiter de formation spécifique. Ce phénomène d’intégration silencieuse explique en partie pourquoi les usages réels de l’IA sont probablement supérieurs aux chiffres déclarés.
À l’échelle mondiale, ChatGPT reste la référence du secteur avec plus d’un quart de milliard d’utilisateurs actifs mensuels sur mobile entre septembre et novembre 2024, selon les données de data.ai. ChatGPT.com figure parmi les dix sites les plus visités dans le monde en fin d’année 2024, ce qui témoigne d’une bascule réelle des pratiques de recherche d’information et de production de contenu.
Cybersécurité : les pratiques de protection des TPE PME face aux risques numériques
La montée en puissance des usages numériques s’accompagne d’une exposition accrue aux risques liés à la sécurité des données. Le Baromètre France Num 2024 dresse un état des lieux nuancé : si la grande majorité des entreprises a mis en place des mesures de protection, la crainte persiste chez près d’une sur deux.
82 % des TPE PME ont déployé au moins une mesure de protection contre les risques cyber. L’antivirus reste la solution la plus répandue (79 %), suivi par la sauvegarde externe des données (67 %). Ces pratiques, bien qu’essentielles, constituent le minimum technique recommandé. Des dispositifs plus avancés, comme l’authentification multi-facteurs (31 %) ou la désignation d’un référent cybersécurité (26 %), sont encore loin d’être généralisés.
Malgré ces efforts, 49 % des dirigeants déclarent craindre encore la perte ou le piratage de leurs données. Ce chiffre révèle un décalage entre la protection technique déployée et le sentiment de sécurité ressenti. Ce fossé s’explique notamment par la complexité croissante des menaces — rançongiciels, hameçonnage ciblé, usurpation d’identité — que les outils de protection de base ne suffisent pas toujours à contrer.
| Mesure de cybersécurité | Taux d’adoption |
|---|---|
| Utilisation d’un antivirus | 79 % |
| Sauvegarde externe des données | 67 % |
| Protection des locaux et matériels | 47 % |
| Formation et sensibilisation des employés | 34 % |
| Authentification multi-facteurs | 31 % |
| Désignation d’un référent cybersécurité | 26 % |
La formation des employés, maillon encore fragile
La sensibilisation des collaborateurs représente l’une des protections les plus efficaces contre les cyberattaques, notamment celles reposant sur l’ingénierie sociale — c’est-à-dire la manipulation des utilisateurs pour obtenir des accès ou des informations confidentielles. Or, seulement 34 % des entreprises ont mis en place des dispositifs de formation à ce sujet, ce qui laisse une large proportion de salariés exposés aux risques liés à des erreurs humaines.
Les enjeux sociaux liés au numérique incluent précisément cette dimension de formation et d’inclusion : comprendre les enjeux sociaux du numérique passe aussi par une meilleure appréhension des risques auxquels s’expose chaque utilisateur dans ses pratiques quotidiennes. Un clic sur un lien malveillant dans un e-mail professionnel peut compromettre l’ensemble du système informatique d’une entreprise, quelle que soit la robustesse de ses défenses périmétriques.
Le numérique responsable : recycler, reconditionner, éco-concevoir
La transition numérique ne peut se penser indépendamment de ses impacts environnementaux. Le Baromètre France Num 2024 intègre pour la deuxième année consécutive des indicateurs sur les pratiques de numérique responsable au sein des petites et moyennes entreprises. Les résultats montrent une progression, même si les comparaisons avec l’édition précédente restent délicates en raison d’un changement de formulation des questions.
64 % des TPE PME déploient au moins l’une des trois mesures suivantes : recyclage des équipements numériques en fin de vie (58 %), achat de matériel reconditionné (28 %) ou éco-conception des solutions numériques (25 %). Le recyclage constitue donc la pratique la plus répandue, sans doute parce qu’elle est la plus accessible et la moins coûteuse à mettre en oeuvre.
L’achat de matériel reconditionné gagne du terrain, porté par une offre qui s’est considérablement étoffée ces dernières années et par des arguments économiques convaincants : un ordinateur reconditionné certifié peut coûter 30 à 50 % moins cher qu’un équivalent neuf, tout en offrant des performances comparables pour la majorité des usages professionnels courants. Cette réalité économique facilite l’adhésion des dirigeants, au-delà des seules motivations environnementales.

L’éco-conception numérique, un levier encore peu maîtrisé
L’éco-conception des solutions numériques — qui consiste à réduire l’empreinte environnementale d’un service digital dès sa conception (sites web allégés, code optimisé, hébergement sobre en énergie) — reste la pratique la moins répandue avec seulement 25 % des entreprises concernées. Ce chiffre reflète un déficit de compétences et de sensibilisation sur un sujet encore émergent dans les petites structures.
Pourtant, les bénéfices sont doubles : un site web éco-conçu est généralement plus rapide, ce qui améliore l’expérience utilisateur et le référencement naturel. Une application optimisée consomme moins de ressources serveur, ce qui se traduit par des économies sur les coûts d’hébergement. L’argument environnemental rejoint ainsi l’argument économique, un alignement d’intérêts qui favorise généralement l’adoption à moyen terme. Le panorama des pratiques numériques des Français en 2024 confirme cette tendance à une prise de conscience croissante, même si les comportements concrets tardent encore à suivre.
Les investissements numériques des entreprises et les projets pour les prochaines années
La dynamique d’investissement dans le numérique révèle l’état de maturité des petites et moyennes entreprises face à leur transformation digitale. Selon le Baromètre France Num 2024, 79 % des TPE PME ont réalisé des dépenses numériques au cours de l’année précédente. Cette proportion est significative, même si elle implique que plus d’une entreprise sur cinq n’a consacré aucun budget au numérique.
La répartition des montants dépensés est révélatrice : pour une entreprise sur deux, le budget numérique est compris entre 100 et 2 000 euros. Cette enveloppe couvre généralement les abonnements aux outils courants (messagerie professionnelle, logiciel de comptabilité, hébergement du site web) mais laisse peu de marge pour des projets structurants. Près d’une entreprise sur trois (29 %, en hausse de 2 points) a dépensé plus de 2 000 euros, seuil à partir duquel des investissements plus stratégiques deviennent possibles.
Les projets déclarés pour les deux prochaines années dessinent les priorités des dirigeants :
- 27 % souhaitent développer leur présence en ligne
- 26 % envisagent d’acquérir de nouveaux logiciels ou d’améliorer les solutions existantes
- 21 % prévoient l’acquisition ou le renouvellement d’équipements matériels
- 18 % placent la protection contre les risques cyber en priorité
Ces intentions confirment une logique de consolidation et d’extension progressive des usages, plutôt qu’une rupture technologique soudaine. Les entreprises qui ont franchi les premières étapes de la transformation numérique cherchent à approfondir leurs usages ; celles qui sont encore en retard s’attèlent aux fondamentaux de la visibilité et de la communication digitale.
Questions fréquentes
Le Baromètre France Num est une enquête annuelle menée par le Crédoc pour la Direction générale des Entreprises. Il mesure la perception du numérique par les TPE PME françaises et documente l'évolution de leurs pratiques digitales : équipement, visibilité en ligne, e-commerce, cybersécurité et intelligence artificielle. L'édition 2024 a interrogé plus de 10 000 entreprises représentatives de la population nationale.
Selon le Baromètre France Num 2024, 13 % des TPE PME déclarent avoir recours à des solutions d'intelligence artificielle. L'usage dominant est l'IA générative, mobilisée par 10 % des entreprises, suivie des chatbots et assistants conversationnels à 5 %. Les secteurs du numérique et des services spécialisés affichent les taux d'adoption les plus élevés.
Au début de 2025, 5,56 milliards de personnes utilisent Internet, ce qui représente un taux de pénétration mondial de 67,9 %, selon le rapport Digital 2025 publié par We Are Social et Meltwater. Malgré cette progression, 2,63 milliards de personnes restent non connectées, principalement en Afrique subsaharienne et dans certaines régions d'Asie.
L'antivirus est la mesure la plus utilisée, présente dans 79 % des TPE PME françaises. La sauvegarde externe des données concerne 67 % des structures. Des dispositifs plus avancés comme l'authentification multi-facteurs ou la formation des employés restent moins répandus, avec des taux respectifs de 31 % et 34 %, selon le Baromètre France Num 2024.
YouTube est la plateforme comptant le plus grand nombre d'utilisateurs actifs mondiaux, devant WhatsApp et Facebook. En termes de temps d'usage sur Android, TikTok se distingue avec près de 35 heures mensuelles en novembre 2024. Instagram arrive en tête pour le critère d'affinité déclarée par les utilisateurs, avec 16,6 % lui accordant le statut de plateforme favorite.



